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        <title>Composition vidéo pour lecture de la première partie du Chapitre 2 « Au-delà de la brume » du roman Les pages déchirées</title>
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        <description>Extrait texte lu : « Greendle passa deux jours à se plonger dans un travail intensif, plus qu'il ne l'avait prévu. Entre entretiens, photos, rédaction et aide à apporter à ses collègues pour cause de réduction d'effectifs, il avait mis de côté ses échanges avec Personne et il avait occulté l'étrangeté de ses derniers rêves, jusqu'à ce qu'il déambule dans la petite rue Léon Gambetta. L'air s'était rafraîchi ; les nuages dans le ciel étaient d'un gris très sombre, comme si ils capturaient de la lumière tel un voile de mailles serrées. Malgré cette atmosphère annonciatrice de giboulées de mars très très en retard, notre Anglais, « emmitouflé » dans sa veste végane, avait voulu faire un tour sur les berges de la Garonne après une journée harassante et avait dirigé ses pas en conséquence. Toutefois, un abat de fins projectiles glacés eut raison de sa soif de bouillons fluviaux et il choisit de se réfugier sous le auvent d’un cyber bistrot café végan de la rue. Il le fit d'un pas nonchalant pendant que les rares personnes qui n'étaient pas encore à se sustenter se mirent à courir. Comme si leurs estomacs criaient famine et qu'elles s'en trouvaient en danger de mort, elles lui semblèrent sauter et se précipiter à la manière des pirates de son rêve. Dans la foulée, les tambours du ciel raisonnèrent et un éclair le brisa. Dans cet élan surréaliste, à travers un chapelet de grêlons éclairés, Greendle crut apercevoir un diablotin familier en train de lever le poing au ciel. Il tressauta, secoua la tête et décida finalement de ne pas rester sous le auvent, pénétrant dans un air chauffé par les humains et les machines. Le cyber bistrot végan était presque bondé côté bar et il lui faudrait attendre avant d'avoir une place parmi la douzaine de tables bureaux - pour 1 à 3 personnes - contre deux murs, et 3 centrales pouvant s’agencer au besoin et accueillir plus de convives. Le photographe-reporter en profita pour apprécier l'éclairage légèrement tamisé ; observer quelques à s’être réfugiés comme lui et hésiter quant à ce qu’ils feraient en ce lieu ; des gens en train discuter entre des gorgées de boisson végane et / ou de profiter d’une manière ou d’une autre de l’accès au wifi permis par leur achat ; et d’autres à vaquer à leurs « occupations électroniques » aux tables-bureaux ; et détailler le décor. Au fond de la salle, une affiche - scotchée au-dessus d’une séparation en contreplaquée entre deux tables-bureaux - attira particulièrement son attention. Titrée « Les Pirates de l'espace en concert », il eut du mal à en croire ses yeux. Avait-il fait un semblant de rêve prémonitoire ? Une simple coïncidence ? Et si leur tenue était certainement végane, qu’ils étaient sûrement « végans friendly », aussi curieux qu’ils fassent leur promotion en un tel lieu, rien n’assurant de la sorte des idéaux tels que la défense de la cause animale, tout au plus des instruments de musiques en forme de légumes pour humour. Il se pressa de commander un thé fermenté au comptoir, de s’asseoir et s’installer sur un tabouret haut alors libéré, et de se rendre sur leur page musicale en sortant son smartphone de sa besace. La musique qui entra dans ses oreilles par ses écouteurs fut plus soft que ce à quoi il s'était attendu avec un tel nom, et surtout, il fut soulagé d’entendre qu’ils étaient bien engagés pour diverses causes, dont le véganisme antispécisme, de comprendre qu’ils jouaient sur les codes mais étaient sérieux conséquents niveau « message militant ». Ses doigts enregistrèrent le lieu et la date du show dans l’agenda, puis consultèrent ses mails. Personne ne lui avait encore rien écrit de nouveau. Greendle tapota quelques mots pour l'informer qu'il avait passé deux journées folles, qu'il envisageait d'aller à un concert d'un groupe de rock français végan antispéciste dans quelques jours et qu'il serait probablement très occupé le reste du temps, en grande partie à cause de l'épée de Damoclès de la crise économique que le directeur de la rédaction avait finalement laissé tomber sur le journal. Après avoir envoyé le message, le geek se rendit compte que son ventre réclamait de l'essence de vie mais aussi et surtout qu’il ne fallait pas qu’il s’attarde plus si il voulait finir ses tâches tranquillement chez lui. Il regarda par l’entrée. Il faisait toujours aussi sombre mais il n'y avait plus qu'une pluie fine à venir titiller les briques, les têtes métallisées et le bitume. D'un geste vif, il vêtit sa veste qu’il avait posé sur ses genoux, sortit de sa besace de quoi commander un sandwich végan - composé d’une préparation de « tofu brouillé » - à emporter. Greendle desserra ses dents pour offrir à l'accueillante dame au comptoir un sourire un peu bêta tout en versant dans sa main la somme qu'elle lui avait demandée - avec un accent exotique à ses oreilles - après lui avoir tendu le sandwich bien emballé. « Au... au r'voir ! », balbutia timidement l'Anglais avec son accent., « See you soon ! Take care with this weather ! », rebondit la jeune employée qui avait levé la tête pour le regarder droit dans les yeux, tout en rangeant la monnaie., « A... Adiós ! », répondit radieux l'amateur de langues qui sommeillait en lui, souhaitant aussi et surtout retourner la faveur à la jeune dame en s'exprimant à son tour dans ce qu’il pensait être sa langue maternelle., « Hi hi hi…, i'm not Spanish ! Ah ah ah... », informa-t-elle entre deux rires cristallins., La jeune dame s'excusa d’un geste et s'apprêta à expliquer à l'interrogation faciale de son interlocuteur, mais un autre client pressé se manifesta. La voyant se détourner, l'Anglais prit congé en dissimulant assez mal un air contrit naissant. Lorsqu'il passa la porte, une voix féminine lui souhaita une bonne soirée. Il ne se retourna pas mais répondit de même et s'engouffra dans le voile humide. En route vers son « Home, Sweet Home », le lord dut essuyer un bref redoublement d'averse, des éclaboussures de voitures et de camionnettes. Mouillé du bout des pieds à la pointe des cheveux, la porte de son chez-lui franchie, il ferma les volets, fit raisonner une liste de lecture d’artistes végans tels que Bryan Adams et Samaha Sam des Shaka Ponk, se déshabilla, prit une courte douche bien chaude et, une fois séché, vêtit son peignoir et des pantoufles véganes. Le reste de la soirée fut consommée entre son sandwich, de la suite des tranches de pages de Quatrevingt-treize et des pages d'un carnet, à peine entamé jusque-là, qu'il brunit de paysages lettrés au passage de son calame cristallin. Il y peignit un début de conte sur une grenouille vivant sur les berges du canal du midi. Lorsqu'il ressentit le poids de la fatigue sur ses mains, Greendle laissa choir sa plume, fit naître le voile de la nuit, s'allongea sur la barque des rêves et laissa bercer par la symphonie pluvieuse. « Nuages gris, soleil nocturne, quelques maux enfouis dans l'urne d'un magicien non humain resurgissent au détour d'une âme créatrice s’ouvrant à contre-jour... » Cette nuit-là, le rêveur explora des songes plus insolites que jamais. Il commença par rêver qu'il se trouvait aux côtés de Michael Jackson, dans l'O2 Arena de Londres, le jour de la première répétition de ce qui aurait dû être le come back « This Is It » de la star, avant qu’il ne lui arrive malheur. Dans son rêve, il discutait d’idéaux et réussit à le convaincre de défendre les idéaux du véganisme anticapitalisme antispécisme zoopolis. Puis, au début de l’essai d’une chanson, aux premières paroles d’une nouvelle version de « Heal The World », il y eut des vibrations et Greendle se retrouva face à une montagne inconnue, sur une terre en train de trembler derechef. Aux premiers signes d'éruption, une brume se forma autour de lui mais le décor ne changea pas immédiatement. Petit à petit, la montagne se liquéfia, l’odorat du rêveur fut titillée par une odeur âcre, deux bâtiments en feu prirent forme et... « Sauvez-moi ! Sauvez-nous ! Par ici ! En haut ! », Greendle ne sut où donner de la tête. Il avait le tournis et ne savait plus distinguer le haut du bas, la gauche de sa droite. Finalement, il se dirigea à l'instinct et... il se fit happer par un tourbillon orange. Quand il fut en mesure d'avoir l'esprit clair, que le paysage fut posé, il ne put bouger, enfermé dans une bulle translucide au-dessus d'un gouffre infini. Il assista en spectateur à une drôle de scène pas drôle. Cerise sur la bizarrerie, bien qu'il se sentit étranger, non concerné, il avait la sensation de savoir, de connaître... … Corianthe contemple le vide. En mettant de côté tout un tas de différences fonctionnelles, intérieures, non visibles dans cette position, elle ressemble à une humaine costumée et grimée pour une « soirée dépareillée » : une robe bleue violette - avec des rayures bleues sombres et clairsemée de fleurs bigarrées - portée du menton aux chevilles, des chaussures translucides en forme de chapeau en dessous des chevilles, un couvre chef écarlate en forme de chapeau de magicien au sommet, et une étrangeté en forme de cœur entre les mains. Mais ce n'en est pas une, d’humaine. C'est une Mondine. Sa « robe » et son « chapeau » sont une partie de son corps ; ce qu'elle tient entre les mains est son cœur sur lequel sont fichés ses yeux ; son nez est très fin ; ses oreilles rondes ; et son teint de peau passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel en fonction de son humeur... Et, à cet instant, elle est des plus mélancolique. Vient une explication à l’esprit du rêveur : entre sacrifice et trahison, le chemin de cette créature l'a menée face à ce précipice. Elle n'a plus le choix. Il lui faut plonger dans l'abîme. Elle y a été condamnée. Elle ne peut y échapper ? » Note : Si vous préférez lire vous-même les textes, vous les retrouverez sur la compilation du « Le rendez-vous du vendredi » : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/livres/compilation-ebook-livre-Le-rendez-vous-du-vendredi.pdf</description>
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